Le P Angelo médite l’évangile du 6ème lundi de Pâques (18 mai)

Texte de l’Évangile : Jn 15,26-16,4a

A mesure que nous approchons de la fête de Pentecôte, la liturgie se concentre tout à fait logiquement sur la Personne de l’Esprit Saint, pour nous préparer à l’accueillir. Contrairement à d’autres passages antérieurs à celui que nous lisons aujourd’hui, Jésus ne dit plus que c’est le Père qui enverra l’Esprit à sa demande (Jn 14, 16) ou en son nom (Jn 14, 26), mais il assume personnellement l’initiative de son envoi : « Le Défenseur que je vous enverrai ». Il précise cependant l’origine du don : il s’agit de l’Esprit qu’il enverra « d’auprès du Père ». Et en ajoutant qu’il « procède du Père », Jésus entend bien souligner que l’envoi de l’Esprit résulte d’une action menée conjointement avec son Père. L’Esprit est qualifié de « Défenseur » et « témoin » de la vérité : « L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur »

Souvent, en communauté, nous nous interrogeons sur notre témoignage, là où le Seigneur nous a placés pour que nous allions en portant du fruit.

Plus profondément encore, nous nous demandons: quel visage du Christ reflètent notre prière et notre vie fraternelle? comment sommes‑nous témoins du Ressuscité?

Face à ces questions, nous oscillons parfois entre la culpabilité et l’impuissance, comme si tout allait venir de nous et partir de nous. En vérité nous sommes devancés, pour le témoignage, par Celui qui scrute les profondeurs de Dieu et les profondeurs de l’homme, Celui dont parle Jésus dans son discours d’adieu: « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d’auprès du Père, il rendra lui‑même témoignage de moi ».

Ainsi l’Esprit Paraclet ne laisse pas retomber la Parole dans le monde; il ne laisse pas mourir le feu allumé par Jésus, et il poursuit l’œuvre révélatrice et sanctifiante du Messie, non seulement par son action intime et insaisissable au fond des cœurs, mais en suscitant le témoignage de la communauté de Jésus. C’est pourquoi Jésus dit: « Il rendra lui‑même témoignage de moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage ».

Il s’agit donc pour nous, personnellement et communautairement d’entrer dans le témoignage de l’Esprit, ou mieux: de laisser l’Esprit Paraclet témoigner du Christ à travers nous, à travers notre parole comme à travers notre silence, à travers nos réussites visibles comme à travers notre enfouissement, au gré de Dieu. Nous n’avons pas besoin de connaître d’avance les chemins du témoignage. Notre unique souci est que tout « nous advienne selon sa Parole »; et dès lors nous engageons notre liberté à choisir selon Dieu et à vouloir ensuite de toutes nos forces ce qu’avec lui nous avons préféré.

Nous décelons donc, à la source, un seul et unique témoignage, celui du Paraclet; et pourtant ce témoignage se trouve diversifié à l’infini, car les dons de l’Esprit sont divers, diverses aussi nos réponses à ses appels.

Aucun disciple n’est exclu, aucun n’est disqualifié pour cette œuvre du témoignage, pour cette entrée dans le témoignage du Paraclet. La seule condition est d’avoir rencontré le Christ et d’avoir, si peu que ce soit, cheminé avec lui: « Vous aussi vous témoignerez, dit Jésus, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement ».

Pour les disciples, c’était le commencement du ministère de Jésus. Pour nous, où est le commencement? Rappelons‑nous le premier regard, la première promesse, et ce moment où nous avons tout donné pour suivre le Christ. Depuis, quelles dérives secrètes, quelles pesanteurs inattendues sur cette route avec le Sauveur! Pourtant nous sommes restés avec lui, depuis le commencement et cela aussi est l’œuvre de son Esprit.

De toute façon, ce n’est pas de notre fidélité que nous avons à témoigner, mais de la victoire de Jésus, qui est seule porteuse d’espérance pour les hommes.

Père LALEYE Angelo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.